Écrire à ses personnages

Une activité d’écriture proposait de rédiger une lettre aux personnages d’une ou de nos histoires

Voici la mienne, adressée à mes héros Abby et Matt Murdock, dans Pour un regard de toi.


Abby, Matthew, je vous demande pardon. Je n’ai pas été tendre avec vous dans « Pour un regard de toi ». Bon, OK, j’ai même été très méchante. Je sais, j’ai abusé. Ne me frappez pas, je n’ai pas fait exprès. Je vous jure…

Matthew, tu as beaucoup souffert par ma faute. Déjà, de base, tu n’avais pas une vie facile. Aveugle avec tes autres sens surdéveloppés, des parents morts, une rencontre avec une femme qui t’a fait du mal… Pour finir par castagner du méchant et revenir la tronche en sang et des blessures partout à chaque fois. Dans la série, tu n’as pas été épargné, et moi, je suis venue en remettre une couche. J’ai fait entrer Abby dans ta vie. Tu l’as profondément aimée. Seulement, je l’ai obligée à t’abandonner une première fois, te brisant le cœur. Je l’ai fait revenir, pour finalement la faire repartir. Désolée pour tout, vraiment. Tu as encore plus souffert à cause de moi. Mais… Je t’aime ! Je veux bien venir te consoler quand tu veux.

Abby… Ma pauvre Abby… Crois-le ou non, mais toi aussi, je t’aime. Malgré ce que je t’ai fait subir. Je n’ai vraiment pas été sympa avec toi. Ce n’était pas censé se passer comme ça. Ton histoire devait se dérouler dans un seul beau chapitre pour parler de ta rencontre avec Matt, de votre amour naissant, même si je t’ai affublé d’un passé obscur. Ça aurait dû se terminer là. Et j’ai poursuivi avec un second chapitre, qui devait juste être un bonus, une scène merveilleuse entre Matthew et toi avec le partage de vos dons dans l’amour le plus intime. Et quel chapitre ! Mais voilà, je vous aimais trop. Alors j’ai poursuivi l’aventure. Il y a eu ce prologue où j’ai plongé le lecteur dans ton passé pour expliquer à quel point tu étais brisée en rencontrant Matt. Puis, je t’ai fait passer du bon temps avec lui. Un peu. Mais ça a dérapé. Pourquoi ? Je n’en sais rien. Un mauvais jour, une envie de dramatique et boum, me voilà à te dégager de la vie de Matthew, lui faisant horriblement mal au passage, autant qu’à toi. J’aurais pu être gentille quand même et te faire avoir une chouette vie, seulement, tu ne partais pas pour te la couler douce. Tu devais te venger. Cependant, je t’ai maltraitée, te faisant faire des choses atroces. Pardon !!! Je m’en veux tellement. Ce que je t’ai fait subir… Alors bon, pour me rattraper, je t’ai fait revenir dans la vie de Matthew, pour votre plus grand bonheur – une fois passé le « dégage, t’as rien à faire là… », celui de mes lecteurs et le mien. Ce grand ouf de soulagement à vos retrouvailles ! Tu as cru que j’allais te faire couler des jours heureux auprès de ton bien-aimé. Je le croyais aussi. Mais les fins gnan-gnan et moi… Il y a eu cette discussion, tard le soir – vers 1h du matin, avec une amie. Sans le vouloir, elle m’a donné une idée bouleversante pour la fin que je n’arrivais pas à trouver. J’en ai ri à en pleurer, sadique que je suis, et mon amie en a pleuré, de désespoir d’avoir fait germer cette pensée affreuse dans mon esprit.

Avec cette fin, je vous ai profondément blessés tous les deux. J’ai fait pleurer quelques personnes. Je suis sûre que si je relis mon histoire, je vais aussi avoir de la peine. Tu ne méritais pas ça, Abby, tu as été un personnage fantastique. J’ai aimé que tu sois mon héroïne, j’ai adoré écrire ton histoire. J’ai pris tellement de plaisir à t’affubler d’un don qui se mariait à merveille avec celui de Matthew. Je suis sincèrement désolée pour ce que je t’ai fait vivre, pour ce que je vous ai fait vivre. Pardonnez-moi, je vous aime. Vous me manquez.

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